THÉRAPIE DE LIBÉRATION ET RÉSILIENCE ÉMOTIONNELLE

Mars 2020, en plein cœur de cette crise sanitaire mondiale, l’envie de bousculer les mentalités est plus fort que tout et un grand nombre de publications de part et d’autre va dans ce sens... l’envie de faire ma part dans ce processus me pousse donc aussi à l’action ....

Alors je me lance car je veux profiter de ce moment de parenthèse pour partager mon regard sur la vie et mes espérances… Dans le paradoxe de notre actualité qui nous prive de liberté, ma thérapie « LIBRE » est un pied de nez…. Mais elle a plus que jamais du sens pour moi puisqu’elle invite chacun à la transformation intérieure, à se trouver en paix chez soi quelques soient les conditions extérieures…. Devenir comme l’oiseau sur la branche qui n’a plus peur qu’elle casse puisque ses ailes lui permettront longtemps de voler. Puisse cette lecture vous inspirer...

 

LA RÉSONANCE FAMILIALE RÉHABILITÉE PAR LA THÉRAPIE LIBRE

21 mars 2020

Fascinée par toutes les belles découvertes que j’ai faites en écoutant mes patients ma plume s’anime à nouveau pour vous proposer de nouvelles perspectives thérapeutiques qui devraient nous apporter beaucoup dans nos cheminements personnels et collectifs. Et en ce mois de mars 2020 ma motivation est d’autant plus grande que les conséquences psychologiques de cette période seront importantes. Mais je suis convaincue aussi que nous aurons de très beaux outils thérapeutiques pour y faire face...

Passionnée par notre complexité depuis de nombreuses années je n’ai eu de cesse de me mettre à l’écoute d’abord de mes propres limites et blocages et à l’écoute de ceux de mes patients dans l’espoir toujours de progresser et les faire progresser. Aujourd’hui ma clinique me comble et me bouleverse souvent quand je me plonge dans toutes ces histoires familiales qui me sont racontées dans la confidence des entretiens que j’ai avec mes patients. Des confidences qui m’amènent à penser de plus en plus que nous sommes inévitablement soumis à notre histoire dans ses fragilités ou soutenu au contraire par elle dans ses aspects plus positifs.

Il est temps pour moi d’en rendre compte pour que chacun puisse se saisir de cette lecture et des perspectives que nous pouvons espérer en travaillant notre histoire transgenerationnelle avec un outil comme la thérapie libre. Mon espoir est aussi de relier chacun à son potentiel d’amour car les enjeux humains à relever aujourd’hui sont conséquents et nous ne pourrons y arriver que si nous agissons avec le cœur, pour le bien de nous tous et de la planète bien sûr. La crise en ce mois de mars 2020 en est le signal d’alarme. C’est pourquoi il me tient à coeur aujourd’hui, de transmettre mon regard sur tout cela, mes idées et ma philosophie et bien sûr l’espoir que des outils comme la thérapie libre nous donnerons le pouvoir de la transformation et de la guérison…. La planète vient de se prendre une bouffée d’oxygène pendant que nous étouffons... alors il est temps, je pense, de l’écouter car elle nous implore le changement ....

à suivre....

 

22 mars 2020

Pour rappel la thérapie libre est une méthode thérapeutique qui propose de travailler sur ses blocages et ses blessures de vie actuelles et transgénérationnelles. Un entretien clinique permet de cibler des problématiques et de formuler nos souffrances. Cet entretien est complété par un soin énergétique qui permet de libérer ces souffrances et un état modifié de conscience (rêve éveillé accompagné ou RÉA) qui permet de les réhabiliter par des voyages imaginaires. Je ne reviendrais pas sur la méthode que l’on peut découvrir dans mon précédent livre. Je vais plutôt m’atteler à mettre en lumière la manière dont la thérapie libre peut traiter les blessures et traumatismes individuels et familiaux.

Mon postulat repose sur le fait que nos blocages et épreuves de vie sont intimement liés à notre histoire familiale. Notre bagage émotionnel serait pré-établi à notre conception sur un héritage génétique des souffrances et traumatismes de nos ascendants. Un panel de gènes des histoires de nos deux parents nous serait attribué pour créer notre propre destinée.

Il me tient à coeur de vous transmettre cette idée en ce mois de mars 2020 car ma pratique me le confirme chaque jour. Et pour nous transformer, travailler à nous libérer de ces poids familiaux est par essence thérapeutique. Par les soins énergétiques que proposent la thérapie LIBRE nous allons plus loin que reconnaître et lever les tabous familiaux, nous les évacuons et ainsi nous nous allégeons. L’apaisement que cela procure peut changer radicalement notre état émotionnel et nos relations aux autres.

Le petit oiseau sur sa branche sait voler car ses parents lui ont donné les codes pour que ses ailes se déploie et un coup de pouce pour qu’il prenne son envol....

Je crois également que nous avons en chacun de nous une incroyable énergie d’amour, cette émotion qui nous permet d’être avec d’autres dans un lien harmonieux et de confiance. L’amour étant le socle de toute relations humaines, l’essence même de ce dont nous avons besoin pour vivre et survivre je dirai même. Seulement ce potentiel est souvent polluer par des blessures qui peuvent nous rendre méfiants, jaloux, voir même méchant. Ceci génère les conflits, les jugements et les rancœurs. Ce que je propose donc avec la thérapie libre c’est de rechercher toutes les blessures que nous portons pour les lever et les transformer. Ma quête suprême pour chacun des patients que j’accueille étant de les réhabiliter dans leur possibilité de s’aimer, d’être aimé et d’aimer en retour. Nous avons tous en nous des pollutions qui nous empêchent d’être celui que l’on aimerait être. Le monde en pleine mutation nous appelle à avoir le courage d’y faire face…..

On dit que l’amour guéri de tout, c’est pourquoi la thérapie libre propose d’utiliser cette énergie inévitablement présente en nous comme énergie de guérison. C’est d’abord apprendre à s’aimer car c’est cela qui nous permet de nous respecter et de nous faire respecter. Cette notion autant développée en philosophie qu’en psychologie est finalement notre capacité d’attachement à l’autre au sens profond du terme qu’il soit un attachement amoureux, amical ou affectueux. Un attachement également à nous mêmes qui nous permet de considérer notre valeur car notre tendance à nous dénigrer, nous culpabiliser ou même avoir honte ne peut nous rendre heureux... nous verrons donc comment l’amour est la clé de voûte pour vivre en paix.

L’amour étant également source de souffrance, il est considéré par certains comme un danger mais il est important de reconnaître que nos souffrances viennent de nos blessures, jamais de l’amour. Et même si nous avons essuyé de nombreux échecs et déceptions, même si notre attachement primordial est insécure, réhabiliter l’amour dans son essence la plus noble est fondamental. Bref l’amour c’est simplement être dans une relation de bienveillance à l’autre car nous avons besoin les uns des autres et de la qualité des relations que nous avons avec les autres dépend notre qualité de vie.

Dans le contexte actuel de ce mois de mars 2020, il est plus que jamais nécessaire de guérir de nos blessures d’amour car la planète a besoin qu’on l’aime et que l’on s’aime alors semons vite les graines d’amour qui pourront faire pousser demain des réalisations humaines plus en accord avec la nature et nous même. Petite goutte dans l’océan je me suis préparée à relever ce défi et aujourd’hui cette rupture collective me donne l’espoir que cette épreuve est l’opportunité pour évoluer vers un monde plus juste et plus humain….

 

23 mars 2020

Aujourd’hui , envie de partager avec vous que nous, psychologues, ne sommes pas exemptes d’organiser des cellules de crises pour soutenir soignants, patients et famille, car les traumatismes sont un problème de santé publique….et ce seront nos transformations individuelles qui créeront le changements collectif... alors voilà la raison pour laquelle je vous partage ce travail qui m’anime....

Au commencement de notre vie il y a donc un attachement primordial et originel qui est celui que nous avons avec notre mère. On dit d’elle qu’elle est le premier objet d’amour et pour cause puisque c’est en elle que notre gestation se fait. Vous comprendrez donc que ce temps va être un moment clé de notre vie et cela même si nous n’en avons aucun souvenir conscient, car nous en gardons malgré tout une mémoire primitive, inconsciente à laquelle nous pourrons avoir accès grâce aux processus que propose la thérapie libre. Cette mémoire est présente car notre système émotionnel est prêt dès trois semaines de gestation. Ainsi le fœtus peut dès lors capter les émotions de sa mère et en garder une trace en mémoire. Ce fœtus a également stocké dans sa mémoire les émotions qu’il a ressenti lui même dans ce temps de gestation si précieux à son développement.

Je crois aussi que chaque fœtus porte en lui des informations génétiques qui peuvent interagir avec le vécu de sa mère ou déterminer chez elle des comportements spécifiques. Outre le fait que je l’ai éprouvé moi même au cours de mes quatre grossesses durant lesquelles je me sentais traversé par des sentiments spécifiques à chacune, j’ai également entendu des ressentis similaires chez mes patientes. Pour exemple, j’ai accompagné un petit garçon qui avait de gros problèmes de sommeil dont la mère me dit que lorsqu’elle l’attendait, dès le début de la grossesse elle n’arrivait plus à dormir. Ce point est très important dans la mesure où nous faisons l’hypothèse que ce n’est pas que le comportement et les épreuves de la mère qui feront l’histoire de l’enfant à venir mais l’enfant étant porteur lui même d’informations génétiques, c’est dans l’interaction de l’un et l’autre que beaucoup de choses vont se jouer et advenir...

 C’est peut être en partie pour cela que nous trouvons souvent de grandes disparités entre les enfants d’une même fratrie. Des disparités de comportements mais aussi d’attachement aux parents sont fréquemment repérés dans les fratries. Des grandes disparités dans leur destinée aussi et leur capacité de faire face aux défis de la vie. Pour moi ces disparités sont dans le bagage familial que chaque enfant porte en lui qui comporte des spécificités pour chacun au niveau des mémoires cellulaires émotionnelles transmises par les ascendants.

Je pense également que chaque enfant peut faire vivre à la mère des ressentis différents en fonction de ce qui le traverse et parfois intuitivement une mère peut être plus inquiète pour l’un que pour l’autre ou avoir plus d’affinité avec l’un qu’avec l’autre et tout cela va jouer sur la qualité de la relation mère-enfant et au delà sur la qualité des liens que l’enfant créera dans sa vie….

Ce mois de mars 2020 pourrait être métaphoriquement un temps de gestation vers la naissance d’un monde nouveau. Empreint de l’histoire qui a précédé ce virus mondial et qui dans ce temps de confinement, nous pousse à développer des capacités d’adaptation nouvelles, j’ai espoir que demain nous amène le bonheur de la renaissance, celui que nous ressentirons sûrement quand nous gouterons le plaisir de sortir à nouveau, séparés pour mieux nous retrouver…

En tout cas ce qui est certain c’est que, dans la sécurité ou l’insécurité de notre foyer, nous sortirons chacun différents… ceux qui en sortiront fragilisés seront ceux qui auront le plus besoin de nous pour transformer leur destinée….

Quand les oiseaux vol en v dans le ciel ils seraient moins vulnérables et économiseraient aussi leur énergie ... alors rassemblons nous pour avancer et voyager vers notre liberté ....

Dans tout les cas le monde est fait de nos diversités et à en palper les communications des réseaux sociaux cela donne le sentiment que la transformation est en marche. Et avons nous d’autre choix que de croire que nous relèverons ensemble les défis de demain... il n’est pas improbable d’ailleurs que les jeunes générations portent déjà en elles les clés et les ressources pour donner à notre monde un autre visage ... L’enfant pour grandir a besoin de confiance et j’aimerais diffuser la pensée positive qui nous permettrait de ne cesser d’y croire et d’espérer ....

24 mars 2020

L’attachement aux autres en général serait pour moi inhérent à la relation que l’on a avec ses parents. Et si l’on s’est senti aimé par eux cet atout sera énorme pour avancer dans la vie et créer des liens de qualités avec d’autres. Mais se sentir aimé n’est parfois pas suffisant comme on le voit fréquemment pour être heureux. De nombreuses situations nous montrent qu’un conflit psychique majeur peut exister malgré tout et c’est là que mon hypothèse sur les mémoires de famille prend toute sa valeur.

J’ai nombre de situation où mes patients ont plutôt de bonnes relations avec leurs parents et qui ne comprennent pas le mal être ou leurs échecs répétés dans leur vie affective. C’est pourquoi ils sont agréablement surpris quand je relie leur souffrance à leurs ascendants car alors ils reconnaissent la souffrance de leur parents et/ou grands parents et cela leur donne du sens sur ce qui les limite dans leur propre vie. Cela les déculpabilise aussi car ils se disent finalement que ce n’est pas leur faute.

Toujours est il que j’ai aussi nombre de situation de personnes qui ont été mal aimé par leurs parents ou qui se sont sentis mal aimés et dans ces cas le travail est immense pour les réhabiliter de cette carence affective. Dans certaines situations on a une blessure d’amour qui se transmet de génération en génération, l’ensemble des ascendants étant également dans un manque affectif récurrent. Les blessures d’amour de chacun se transmettent car cette blessure ne leur permet pas d’avoir des liens de suffisamment bonnes qualités.

Dans d’autres situations, les personnes peuvent être aimés par leurs parents mais ils peuvent porter une carence affective transmise par un aïeul et éprouver dans leur vie le manque d’amour…. Ces situations peuvent être très éprouvantes et déstabilisantes car la personne se culpabilise de ce qu’elle ressent, ses frustrations dans sa relation à l’autre qui ne repose pas toujours sur une réalité, sa difficulté à aimer aussi… J’ai accompagné longtemps une patiente qui avait justement peur de mal aimer. D’après elle, mes soins lui ont permis d’être plus confiante et plus à l’aise dans ses relations aux autres….

A contrario il arrive aussi que des patients qui ont de forts ressentiments envers des parents mal aimants et qui, au prise de ces relations toxiques viennent me consulter ait un meilleur potentiel de guérison. En effet, dès lors qu’ils se mettent au travail avec la thérapie libre, ils peuvent se connecter spontanément à un immense réservoir affectif, réservoir souvent disponible grâce à un lien transgénérationnel bienveillant. Dans ces cas le travail est facilité car l’énergie d’amour est d’emblée disponible pour aider à réhabiliter les souffrances. Le grand parent a pu servir de support affectif dans la vie réelle du patient mais il est possible que sa bienveillance soit également transmise via les cellules et les deux associés font la force du patient dans sa possibilité de dépasser les conflits avec ses propres parents.

Ce qui verrouille le plus la possibilité de guérir ces blessures est de garder les rancœurs et les haines envers les membres de nos familles qui nous ont déçus. Cela nous laisse dans la peur de l’autre et dans les fuites et les déceptions qui se répètent .... cela peut concerner ceux qui se rebellent et se révoltent et qu’il faut aider en priorité pour le monde plus juste auquel moi j’ai envie de rêver....

Toujours est-il que la manière dont nous aborderons chacun l’épreuve de cette année 2020 dépendra bien sûr de la qualité de nos liens aux autres. C’est pourquoi nous ne pouvons que conseiller à chacun de se relier à leur famille et leurs amis, mais bien sûr nous savons que beaucoup devront faire face à leur solitude. Les praticiens de la thérapie LIBRE travaillent déjà à réhabiliter les liens primordiaux pour que chacun puisse créer des liens sécurisants et de confiance indispensables pour notre santé mentale.

La crise que nous vivons peut autant créer du rapprochements que de l’éloignement et de la rupture et nous devrons aider chacun à lâcher les peurs, car ce temps critique peut être aussi l’occasion de nous libérer de schémas qui ne fonctionnent plus.

25 mars 2020

Si vous me suivez depuis le début de ce confinement vous aurez compris que mon cheval de bataille est de proposer une transformation profonde pour nous libérer des peurs et du manque d’amour car plus on comprendra nos propres limites, plus on sortira des jugements et mieux on avancera ensemble dans un monde où chacun peut avoir un rôle à jouer ...

La blessure d’amour est celle qui nous fait le plus souffrir. Elle est associée à l’ensemble des autres blessures qui existent (rejet, abandon, trahison, humiliation, injustice pour les principales et bien d’autres encore...). Elle peut engendrer des comportements très différents. Lâcher les émotions associées à cette blessure par des soins énergétiques est très apaisant pour les patients. Et point fondamental, travailler ces blessures au niveau du schéma de famille sera comme couper l’herbe à la racine et les effets de libérations seront d’autant plus grands.

Certains seront dans la colère et la revendication de leur besoin d’être aimé par des comportements d’exigences ou de tyrannie difficiles à supporter pour l’entourage. Souvent cette tyrannie est toxique pour eux mêmes, ils le savent, mais c’est plus fort qu’eux, les angoisses d’abandon et la colère sont trop fortes pour être contrôlés. Cette colère est parfois dans leur nature profonde car elle existait avant chez leurs ancêtres et c’est de celle-ci dont il faudra se débarrasser tôt ou tard...

D’autres peuvent être au contraire traversés par de profondes tristesses, voire des états de dépression. Des tendances suicidaires peuvent également apparaitre. Elles sont pour moi l’indicateur d’un manque d’amour tel que la personne n’a pas les ressources pour faire face aux impondérables qu’elle rencontre dans ses relations affectives. La tristesse due au manque d’amour est immense et les ressources pour faire face à un échec amoureux trop fragiles. C’est aussi le risque dans la situation traumatique que nous vivons en ce moment, que les blessures d’amour se réveillent et créent chez des personnes des angoisses de solitude insoutenables… c’est en partie pour cela que le soutien psychologique et la solidarité collective sont nécessaires pour y faire face.

Tristesse et colère sont parfois associés et peuvent engendrer une grande instabilité qui peut être dangereuse en cas de crise. il faudra donc être vigilant à ce que le traumatisme n’entraîne pas des sentiments d’anéantissement et une décompensation de la personnalité.

À l’inverse, une trop grande fusion de la mère et de l’enfant peut également être un frein au développement psychologique. Les comportements de surprotection peuvent même être contre productif. Certaines mères ont tellement de peurs qu’elles vont tout mettre en place pour sécuriser l’enfant au delà des besoins qu’il aurait. Cela s’associe parfois à des enfants qui sont de par nature dans l’insécurité et c’est là que l’on voit les ravages du protectionnisme à outrance car alors l’enfant n’a pas la possibilités d’explorer ses ressources et de s’autonomiser par lui même. La surprotection n’aide pas à être armée quand on est face aux épreuves. C’est là encore un facteur qui fragilise en cas de crise comme nous vivons en ce moment.

La surprotection c’est aussi notre schéma sociétal actuel et il n’est pas impossible que cela nous ait fragilisé pour nous adapter à ce que nous sommes en train de vivre… Tout cela sera certainement mesuré par la suite… Accepter les risques de la vie c’est aussi accepter les processus naturels en jeu (la vie, la mort, les sélections…) mais bien sûr tout cela est complexe ramener à l’échelle individuelle….

Le travail sur les peurs et blessures est alors indispensable pour travailler un lien de confiance entre les autres et soi même, un travail sur la confiance en soi et en la vie. Les patients que je reçois et qui se sont construits sur un type de lien hyper-protectionniste vont devoir faire un travail conséquent pour transformer le lien à leur mère (ou à leur père), se libérer des peurs qu’on leur a transmises et trouver leurs propres ressources pour avancer dans la vie. La principale chose dont l’enfant qui a une nature insécure a besoin c’est de l’amour et de la tendresse pour le rassurer mais il a également besoin d’explorer et expérimenter par lui même le monde extérieur. La mère qui a des peurs qui l’envahissent ne peut pas sécuriser son enfant s’il manifeste de l’angoisse quand il doit agir à l’extérieur d’elle. Et l’enfant capte les peurs de la mère et c’est un cercle vicieux qui empêche un détachement sécurisant. Dans ce type de profil on trouve plutôt des personnes qui auront du mal à donner, voir du mal à créer des relations, a avoir l’initiative du lien. Ils attendent que ce soit l’autre qui viennent combler leur manque et sont souvent déçus et dans l’insatisfaction. Je dirai même que les peurs de la mère peuvent entraîner des réactions chez l’enfant qui peut même le mettre en danger à l’inverse de ce que la mère espère. En même temps la mère peut porter elle même ses peurs du schéma familiale et c’est encore et toujours dans la chaîne familiale que la thérapie libre propose de le travailler.

Ce sera travailler à avoir confiance en son enfant et lui donner les repères pour qu’il trouve ses propres ressources pour se protéger, d’autant plus que l’enfant dans son évolution vers l’autonomie sera de plus en plus confronté à des situations où il sera seul face à lui même et devra alors décider de ce qui est bon pour lui. Je pense notamment à des mères qui ont subi des violences sexuelles, leur quête de protéger leur enfant coûte que coûte contre cela est souvent vaine car leurs peurs et la répétition du schéma sont souvent à l’œuvre malgré elles. La thérapie libre a le pouvoir de libérer la problématique et de retrouver de la confiance en son enfant et en les autres pour que l’enfant ne soit plus saboté par ce risque là.... du danger il y en a partout et tout le temps en toute situation, il est donc primordial d’apprendre à nos enfants à se protéger et s’affirmer en toute circonstances. Dans de nombreuses situations que j’ai eu l’occasion d’entendre à propos d’abus sexuels, certaines femmes reconnaissent qu’elles se sont justement mises en danger. Mon hypothèse est que dans leur lignée familiale, de la peur s’est transmise qui les ont saboté et empêché de se mettre en sécurité. J’insiste donc sur le fait qu’une surprotection excessive pourrait même être un lien toxique pour l’enfant et commettre des ravages. Alors chaque parent doit se responsabiliser et se faire aider si tel est le cas.

Vous aurez compris que cela vaut autant face à la « mère nation » qui agit pour notre sécurité et dont le risque est de nous priver de notre libre arbitre pour nous adapter aux aléas de la vie. Les difficultés chez certains de s’adapter au confinement peut en être l’illustration….

Mars 2020, le danger est là aujourd’hui et les peurs sont légitimes bien sûr. C’est alors le moment de nous mettre en sécurité pour le bien de tous .... cela nous fait mesurer j’espère combien la liberté n’a pas de prix quand les dangers majeurs sont loin. Peut être cela pourra-t-il nous faire réfléchir sur les dangers de vouloir tout mettre sous contrôle au risque de créer des angoisses qui ne sont pas justifiées ….Ces peurs peuvent nous paralyser dans de nombreuses situations affectives ou professionnelles ou des contextes de crise comme celle que nous traversons…. Notre peur excessive de la mort dans nos sociétés modernes nous a poussé à tout sécuriser… nos maisons, nos écoles, nos hôpitaux… le virus nous rappel notre vulnérabilité… Avec la thérapie LIBRE nous pourrons travailler nos peurs de la séparation et de la disparition pour redonner au monde la confiance en la vie car, au finale, ce qui crée notre sécurité dépend surtout de la manière dont on se sent aimé et de notre capacité à sentir la sécurité au fond de nous même. On n’a plus besoin d’anticiper le danger et d’avoir peur de manière inconsidérée quand on accepte les risques et les exigences naturels de la vie; on fait confiance à notre capacité à nous adapter.

26 mars 2020

La diversité humaine est notre richesse et le message que je souhaite transmette aujourd’hui c’est que ce sont nos différences qui font nos forces... et si le monde avait autant besoin de sages que de révoltés pour trouver l’équilibre...? Mais en même temps la révolte nous tue à petit feu, c’est pourquoi il est indispensable d’aider ceux qui voudrait s’en défaire ....

La thérapie libre explore les possibilités des patients grâce au RÉA (rêve éveillé accompagné), qui donne rapidement l’état des lieux de la vie psychique profonde des patients. À travers des voyages imaginaires, l’analyse des éléments du paysage nous renseigne sur notre fonctionnement psychique. C’est toujours une grande surprise pour l’ensemble des patients.

Les tristesses, les colères ou les peurs se dévoilent dans notre imaginaires sous la forme de symboles. En ce qui concerne la symbolique de l’énergie de l’amour, elle est plus ou moins disponible selon les personnes. Le plus significatif chez les patients qui sont en mal d’amour est qu’ils sont incapables de voir une image d’eux dans leur paysage. Le manque de confiance et le manque d’amour de soi sous-jacent sont à travailler sur de nombreuses séances avant qu’une réhabilitation de leur blessure soit possible. Ce travail est fondamental pour apaiser le patient car c’est le manque d’amour qui commet les ravages.

La bienveillance est reconnu aujourd’hui comme pré requis indispensable pour notre santé mentale. Il est donc recommandé que le cadre thérapeutique soit bienveillant pour que la personne se sente en confiance et ressente la considération de son thérapeute. C’est à ce titre là que la résilience peut advenir. En effet, l’attachement à l’autre étant précaire, c’est dans l’attachement au thérapeute que le patient pourra travailler la qualité du lien et ainsi transformer ses relations aux autres, qui sont dans ces cas souvent des relations fragiles.

Plus globalement avec la thérapie libre on va s’astreindre à faire l’inventaire des personnalités qui composent notre famille pour répertorier quelles sont les natures de nos ascendants, les épreuves auxquelles ils ont dû faire face et les échecs et réussites qui ont marqué leur vie. De cette manière, la lecture de notre propre histoire prend alors du sens. Et cela va nous permettre de travailler sur nos blocages en fonction de ce bagage familial. Bien sûr c’est un travail complexe dans la mesure où nous sommes le fruit des deux histoires familiales de nos parents qui sont eux mêmes le fruit des deux histoires de leurs parents. Nous sommes donc porteur au niveau de nos grands parents de leurs quatre histoires et cela est bien sûr exponentiel au fil des générations. Pour ma part, je pense que l’analyse au niveau des grands parents, voire des arrières grands parents, est déjà éclairante, d’autant plus que les liens génétiques sautent souvent une génération... en tout cas j’ai le sentiment que cela nous donne déjà une trame de fond qui s’avère fort intéressante au regard de nos problématiques personnelles.

Je repèrerai deux grands profils de personnalités qui vont déterminer un atout ou un obstacle pour notre évolution individuelle. D’une part il y aurait les personnalités résiliantes qui auraient la capacité naturelle de faire face aux épreuves de la vie et qui auraient dans la chaîne familiale un rôle pour régler des problématiques. D’autre part il y aurait les personnalités que je nommerai « résistants », qui seraient plutôt à l’inverse ceux qui resteraient englués dans leur problématiques. Ceux là seraient symptomatiques d’une histoire familiale mais auraient peut être un rôle fondamental à jouer dans le processus de guérison car de part leur comportement particulièrement déroutants, ils seraient aussi de précieux repères pour ceux qui auraient l’atout de la rédemption. Vous l’aurez compris dans cette hypothèse nous pourrions faire partie d’une chaîne où chacun a un rôle à jouer. Poser un tel regard sur notre vie pourrait nous permettre de sortir des jugements et nous réconcilier avec les parties sombres de notre histoire.

A une échelle plus collective les crises seraient l’occasion d’évoluer. On sait aujourd’hui que la révolution française, période aussi douloureuse soit elle, nous a permis l’évolution vers la démocratie... peut on espérer aujourd’hui que les conflits mondiaux de religion et de culture aient le but de nous rassembler tôt ou tard…..

Mars 2020 vient de nous plonger dans le chaos d’une crise mondiale sanitaire qui, je le crois fortement, est initiale à une profonde transformation de nos comportements et de nos sociétés. Tous égaux devant la menace, nous pouvons ressentir l’unicité internationale. Musulman, chrétiens, juifs, black, blanc, beurre avons tous le même combat à mener et menons tous la même guerre, celle de survivre à ce petit virus si virulent …La destruction de l’ensemble de nos repères est en marche et j’ai confiance en l’humanité pour reconstruire un monde de paix, ou en tout cas plus respectueux de l’environnement et des autres. Je suis lucide que cela prendra du temps ... En tout cas, la thérapie LIBRE a cette vocation de soutenir chacun dans son évolution morale et laïque. En accompagnant chacun sur le chemin de la bienveillance et de l’amour j’ai l’espoir d’un monde plus juste et solidaire pour le sauvetage de la planète qui nous le réclame depuis un certain temps maintenant.

Bien sûr de nombreuses divergences existent et il est parfois difficile de se réunir autour d’un consensus commun et les enjeux à relever qu’ils soient politiques, économiques ou humains sont colossaux. Et pour ma part, j’invite chacun à sa place à prendre ses décisions en conscience du bien humain. Le politicien dans son pouvoir ne doit pas être tout puissant et le citoyen impliqué dans la société peut avoir un rôle  décisionnaire important à jouer. Les réponses médicales actuelles suscitent de la controverse.Sur ce point je trouve l’engagement personnel admirable et je suis partie prenante des risques à prendre pour répondre à l’urgence. Il s’agit néanmoins qu’on en accepte les risques…. Face à l’urgence, en agissant, soit nous gagnerons, soit nous apprendrons….. Et à mon sens, l’expérience ne devrait pas se vivre en terme d’échec mais en terme d’essai….

27 mars 2020

Ce passage que je veux vous partager aujourd’hui est en écho pour moi aux mémoires de maltraitance et de guerre que nous pouvons porter de notre histoire. J’ai conscience que beaucoup vivrons ce confinement exigé par les circonstances dans des conditions de grandes précarités psychiques où la violence familiale peut être majorée… Des émotions de tristesse et de révolte seront ressenties également….

C’est une raison de plus pour laquelle je veux partager ma manière de travailler car elle a le potentiel d’aider profondément ces comportements qui bien souvent se rejoue malgré nous au fil du temps. Les mémoires de famille se réveillent aujourd’hui en les circonstances et c’est pour cette raison que nous voyons des comportements irraisonnés comme le fait de dévaliser les supermarchés. Beaucoup portent en eux des mémoires de famine et la peur de manquer et de souffrir de la faim pousse certains à stocker…

Nous acquérons nos liens aux autres dans le liens à nos parents et ces liens primordiaux sont fondamentaux pour notre savoir être. Pour comprendre le comportement des parents dans leurs incohérences, malveillances ou maltraitances, je propose donc à mes patients de raconter leur histoire. Le moment de notre conception est un moment clé qui portera déjà les stigmates de nos défaillances. Dans le meilleur des cas, l’enfant est le fruit d’une histoire d’amour, ce qui sera plutôt un atout. Mais à contrario un enfant peut être le fruit d’une aventure sans lendemain ou un accident qui viendrait sceller un engagement. L’accident peut vraiment créer un conflit psychique qui devra être apaisé par l’acceptation car le sentiment de ne pas avoir été désiré est délétère pour notre psychisme. J’ai aussi des patients qui sont des enfants conçus entre cousins ou frère et sœur et cela est aussi source de conflit intérieur. C’est la fonction du père qui est alors remise en question car l’image du père est confondue avec la représentation du frère ou du cousin. Plus violent encore, certains sont le fruit d’un viol et cela demande un travail conséquent sur l’agressivité initiale, la perversion du père et l’humiliation de la mère.

Un zoom sur la petite enfance de leurs parents nous amènera à reconnaître leurs propres souffrances et blessures de vie. Mon hypothèse est que nous sommes pris dans une chaîne familiale que nous devons reconnaître et accepter pour avancer soi même sur un chemin de guérison. Les ressentiments, colères voire même haine que certains patients ont face aux maltraitantes psychiques ou physiques de leurs parents ne sont pas supportables au long court et ne permettent pas de trouver la sérénité. Voir même cette haine nous met dans le schéma de la maltraitance malgré nous. Même en cas de terribles drames tels que le fait d’avoir subi un viol, ma quête est de sortir mon patient de la révolte et du jugement et le remettre plutôt face à l’histoire familiale qui inévitablement nous donne le fil conducteur de ces drames. Mieux vaut pour en sortir comprendre la portée historique de tels comportements car sinon la problématique peut rester verrouillée et la répétition du schéma se perpétrait....

j’accompagne régulièrement des personnes qui ont subi des atteintes sexuelles et le schéma de répétition est flagrant. Si dans notre schéma de famille des femmes ont subi des agressions sexuelles, on sera plus sujet à rencontrer de l’agressivité sexuelle sur notre chemin. Ces répétitions sont de véritables sabotages inconscients. Les repérer comme tels nous donne la possibilité d’avoir un autre regard. On sort de sa souffrance individuelle pour la reconnaître dans une chaîne historique. Le travail de libération émotionnelle sur ce point est salvateur. Je pense notamment à une patiente qui a traité avec moi une problématique de viol dont elle n’avait jamais pu parler avant; le traitement a eu le spectaculaire effet de relier cette femme a sa fille qui avait également subi du viol et qui est venue dans la foulée des soins le partager avec ma patiente. Coïncidences ou miracle du soin, en tout cas les conséquences sur la possibilité de guérir de ce cercle vicieux sont évidentes, puisqu’en levant le tabou on rentre déjà dans le processus de réhabilitation et résilience.

Cela ne remet pas en cause bien sûr la nécessité de stopper la chaîne en posant des actes forts comme une procédure judiciaire pour dénoncer celui qui a commis le délit. Mais le criminel est aussi soumis à sa propre histoire dans la violence qu’elle lui aura fait subir et transmis également. Sans l’absoudre de sa faute, le remette face à sa conscience peut dans certains cas le faire réagir car inévitablement chez lui aussi il y a une souffrance originelle. J’ai eu l’occasion d’entendre des situations d’hommes qui ont abusé sexuellement par pulsion ou impulsion avec lesquels on a pu faire le lien soit de la propre violence sexuelle qu’ils avaient eux-mêmes subie, soit de la violence sexuelle d’un grand-père. Là encore l’énergie de guérison passera par la reconnaissance et l’acceptation du schéma dans le but d’apaiser la mémoire criminelle.

Je reste persuader que rester dans le conflit et la haine ne peut faire que attiser la violence et la cruauté. Lâcher notre révolte et notre colère permet de faire advenir la résolution des sabotages et nous faire avancer vers une transformation de nous mêmes bien plus salvatrice. De nombreux patients revendiquent une envie de vengeance. Je leur propose systématiquement de lever ce désir toxique qui ne peut que perpétuait une violence similaire à celle qu’ils ont eux même subi au préalable. Dans cette perspective je repense souvent à ce fait historique que l’on m’a raconté et qui m’a profondément marqué et inspiré: il parait que pendant la guerre un prêtre qui était enfermé dans sa cellule aurait prié pour le nazi qui surveillait sa cellule. Le nazi aurait été touché aux larmes par cette prière.

Malheureusement certains patients restent bloquer dans leur possibilité de pardonner ou même de se mettre juste en paix par rapport à un aïeul maltraitant, cela est au delà de leur possibilité; certains autres refusent d’aller questionner le transgénérationnel par peur de ce qu’ils pourraient découvrir. Autant dire que cela verrouille leur possibilité de guérir et leur pouvoir de transformation. Mais c’est ainsi que nous avons certainement tous un chemin qui nous est propre et des potentialités de guérisons spécifiques. Ce sont les limites du travail thérapeutique que nous devons accepter en tant que thérapeute. La libération des souffrances se fait autant que faire se peut en fonction aussi des clés que l’on a. .

En tout cas ce passage invite aussi chacun a analyser son savoir être car chacun de nous pouvons souffrir de comportements agressifs envers autrui et travailler avec la thérapie LIBRE permet d’être honnête envers soi même, se responsabiliser pour travailler à changer car pour beaucoup de ceux qui maltraitent malgré eux ils prennent vite conscience que c’est aussi à eux-mêmes qu’ils font mal.

Mars 2020, à la veille d’un confinement sanitaire dû à la propagation du Corona virus j’ai envie de vous inciter au maximum à vous relier à des pensées d’amour, de fraternité, d’espoir et de paix.

Il y a environ deux mois, juste avant le déclenchement du processus de cette crise mondiale, mes enfants sont venus vers moi un peu inquiets car il circulait sur les réseaux sociaux plusieurs vidéos montrant des personnes affolées sur une plage aux cris exceptionnellement aigus des baleines, me disant que pour certaines civilisations c’était signe de fin du monde. Et oui la nature nous parle et nous devons ré-apprendre à l’écouter…. Et même si ce n’est pas la fin du monde, il n’est pas improbable que ce soit la fin d’un monde tel que nous l’avons connut depuis des générations…. La maladie est crise par essence et aujourd’hui ce virus qui nous empêche de respirer et nous étouffe va permettre à la nature de faire une pause et de reprendre sa respiration, c’est le signal d’alarme aux populations pour que la reconstruction de demain soit respectueuse de la planète et de nous même. ET La thérapie LIBRE a pour vocation d’accompagner chacun dans cette conscience collective….

30 mars 2020

Ce passage, que je vous transmets aujourd’hui et que j’ai écrit quelques temps avant ce confinement, a particulièrement du sens dans le contexte actuel car il vient interroger nos différences culturelles et différences individuelles. Notamment cette période que nous sommes en train de traverser pourrait bien être riche d’enseignements au regard de la manière dont chacun y fera face. Le combat est le même, celui de lutter contre « ce tout petit machin »( moustapha dahleb) qui nous menace, et pourtant nos réponses risques d’être très hétérogènes... rassemblés ou divisés nous n’aurons pas d’autres choix que de tout faire pour y survivre. Et in fine si cela nous permettait d’être plus humble dans les réponses qui serons exécutées.

Travaillant en service médical je me rends compte de la complexité qu’il y a à transformer un système dans l’urgence pour l’occasion et je salue chacun à sa place pour son adaptation. Dirigeants, administratifs, médecins, soignants divers et mêmes secrétaires, brutalement la routine s’est effondrée et chaque membre du système a dû s’y adapter… je sais aussi que ce n’est pas sans souffrances, incompréhension, division et révolte… mais cela se fait….

La souffrance psychologique est toujours à relier à nos liens aux autres et à la manière dont on est en lien dans nos cercles familiaux, le modèle qui nous donne les codes pour tous nos liens sociaux extérieurs au groupe famille. Elle est aussi à relier à une culture et/ou à une période historique. Tout est toujours en perpétuelle transformation, certaines plus brutales que d’autres qui viennent arrêter le flux continue de la vie. Nous avons aujourd’hui des possibilités de vivre bien différentes qu’il y a un siècle ou plus. En effet, nos mentalités ont considérablement changé et même si le monde semble encore bien instable, il y a de part et d’autres des pensées philosophiques qui donnent l’espoir d’un monde meilleur. Sans être dans l’utopie, ma quête est de m’inspirer de ces pensées modernes pour aider mes patients dans l’influence d’une croyance humaniste.

Il y a encore bien sûr trop de barbarie sur terre mais il y a aussi des cultures où on s’autorise à rêver d’un monde meilleur et je suis de ceux qui veulent s’en donner les moyens. Ma vision du monde a l’heure actuelle est centrée sur le fait que les dernières décennies nous ont amené à voyager, migrer et ainsi mélanger les cultures. Évidement ce bouleversement se fait dans beaucoup de douleurs, d’incompréhension et de lutte contre ce changement que certains peuvent refuser par peur, ignorance ou maltraitance bien sûr. Mais en même temps même si nous en subissons beaucoup d’inconfort, cela me donne aussi l’espoir qu’il va falloir apprendre à vivre avec nos différences.

La peur de l’autre est une peur que je travaille très souvent avec mes patients car au final c’est déjà dans nos histoires familiales que cette peur se développe, d’autant plus si nous avons subi des malveillances des personnes qui nous sont les plus proches. Ainsi lever cette peur et travailler à notre confiance en les autres est fondamentale, car comment peut on du coup nous ouvrir à d’autres cultures si nous sommes déjà dans la méfiance de l’autre en général. Ce point est capital pour moi car si on reste dans la méfiance, on reste dans le jugement et cela génère les incompréhensions, les conflits et toutes les colères et les haines qui en découlent. La haine est déjà au sein même de nos familles parfois. Libérer les blessures et les peurs en nous connectant à un amour inconditionnel est le chemin idéal je pense. Le but est d’avoir des relations de confiance et d’éviter de nous mettre systématiquement dans une position de défense qui n’apporte que du conflit. Cela ne nous évitera pas d’être attaqué et de devoir alors nous affirmer mais nous n’aurons plus le besoin d’être agressif face à la moindre offense.

Pour avoir suivi un certain nombre de patients d’origine maghrébine par exemple, je me suis confrontée souvent au choc culturel que ma proposition de travailler sur de la libération leur procure. J’ai constaté chez ces personnes que l’emprise et la soumission sont leur modèle mais que ce modèle aussi est rassurant même si il est également aliénant. Quelques rares patients qui sont dans la rébellion d’une culture qui peut s’avérer malveillante en certains points, accepte de travailler à cette libération. Les maltraitances et malveillances sont bien sur universelles et point besoin de stigmatiser certaines cultures. Mon propos est plutôt de traiter de la différence culturelle qui existe de fait. Mon but est juste d’inciter à nous libérer des haines enfouies au fil d’une histoire familiale extrêmement douloureuse et violente souvent et cela quelques soient nos origines. Le besoin d’amour existe en chaque humain de chaque pays et cela me donne l’espoir que nous pourrons un jour apaiser les conflits de culture et de religion.

Cette question très sensible depuis bien longtemps est une question qui me passionne car je ressens la nécessité de nous mettre au diapason de nos histoires en contradiction. La question majeure sous jacente est je pense celle de l’ego, littéralement en psychologie « ce qui nous empêche d’atteindre une forme de vérité, de profondeur ». Cet ego est celui la même qui a contribué certainement à coloniser certains pays. Dans l’idéal d’apporter un savoir faire il semble que l’on ait aussi eu un pouvoir de soumission et d’aliénation qui ont généré les nombreux conflits que l’on connaît. L’ouverture des frontières a amené les brassages des cultures et l’inconfort de savoir être en contradiction. Les pouvoirs des uns sur les autres, les codes et règles de vie des uns et des autres ont soufferts des incompréhensions et de l’éclatement des traditions établies. Et mon rêve est de penser que nous avons à reconstruire un code universel qui permette à chacun de retrouver sa place en tant que citoyen du monde (et non plus d’une région ou d’un pays ou d’un continent....).

Pour moi l‘ego est ce qui nous éloigne de la compréhension de l’autre et de notre possibilité d’aimer l’autre tel qu’il est. Et l’ego est bien sûr soumis à nos blessures profondes, celles qui font que nous n’avons pas été compris et même déçus bien souvent. L’égo est celui qui va nous pousser à dominer l’autre, vouloir le contrôler, mais au fond ce besoin de domination est souvent le fruit de ce qui nous manque et nous fait défaut. Le paradoxe c’est qu’il peut être un moteur du coup pour agir et avancer dans la vie puisque notre nécessaire désir naît du manque. C’est notre pulsion pour nous réaliser dans la vie. Mais en même temps s’il n’est pas contrôler il va nous pousser à écraser l’autre dans une volonté parfois même de l’annihiler. L’égo existe de fait chez l’adolescent et le jeune adulte qui est en pleine construction et réalisation de sa vie. Il sort du schéma familial et parfois le rejette à ce moment là car il a le désir alors d’exister par lui même. Mais tôt ou tard des blessures peuvent le rattraper et le saboter. Alors c’est au fil du temps et des épreuves qu’il se transforme et dans le meilleur des cas nous pouvons trouver le nécessaire équilibre entre nos besoins et ceux des autres.

Les personnes contrôler par leur ego vont tout faire pour diriger et contrôler l’autre, le soumettre et le manipuler, voire même à l’extrême le violenter. Pour moi, ce qui mène notre ego par le bout du nez c’est toujours le besoin d’être aimé. Puisque l’autre ne remplit pas ce besoin d’autant plus si on manque d’amour de par notre schéma familial, on va tout mettre en place pour remplir ce besoin par tous les moyens, jusqu’à tuer l’autre et c’est ce que l’on voit dans les crimes passionnels. En fait c’est sur la base d’un manque d’amour et de confiance en soi que certains accèdent aux plus hautes fonctions et c’est pourquoi on retrouve nombre de perversion chez ceux qui ont du pouvoir. C’est aussi notre besoin de reconnaissance. Le nombre d’affaire de perversion chez les politiciens, réalisateurs, artistes ...sont récurrentes pour cela. Cette disposition se retrouve bien sûr à tous les niveaux sociaux et donne lieu à des profils similaires de besoin de possession et manipulation.

Être avide d’argent est également pour moi le besoin de venir combler un manque et toujours le manque d’amour. Par peur du manque certains ont besoin d’amasser de la richesse mais c’est souvent un leurre car aucun bien matériel ne peut nous donner le sentiment d’exister. On ne peut exister que dans nos relations aux autres et dans la qualité de nos liens avec d’autres. Quand on recherche à posséder pour briller c’est parce que nous recherchons la reconnaissance de l’autre pour nous sentir exister or cela ne suffit jamais pour combler la blessure narcissique dont on souffre au fond de soi même.

L’oniomanie ou manie compulsive à faire des achats est aussi symptomatique du manque d’amour dont ces personnes souffrent et aucun achat ne vient finalement combler le manque fondamental qui est celui de se sentir aimer.

Tout le travail est donc de sortir de l’ego autant que faire se peut. L’égo se manifeste par nos frustration, nos ressentiments, nos impressions d’être persécutés, jugés, incompris. Il fait de nous des râleurs, des colériques, des plaintifs, des révoltés, des tous puissants....Tout cela doit se travailler au regard de nos blessures car c’est le seul chemin pour apaiser notre mental et nous donner la conviction de notre valeur sans que ce soit au détriment des autres. L’ego est le starter qui nous permet d’avancer, et la conduite à tenir est de respecter des codes….car il y a des crises de vie d’une violence telle que les dégâts sont parfois conséquents…ça demande une certaine maîtrise et il n’est pas improbable que l’apprentissage dure toute une vie!

Mars 2020, le monde est bouleversé, nous perdons le contrôle. La vie nous impose sa loi. Un retour sur soi est exigé par le contexte. Beaucoup ont peurs de ce qu’ils vont y perdre, d’autres nous invite à revenir à l’essentiel. Quelles leçons allons nous tirer de tout cela? Demain sera à reconstruire et seul l’avenir nous le dira. Tel un petit colibri, j’aimerais faire ma part, donner à chacun le pouvoir de sa transformation, travailler ensemble à agir avec le coeur, main dans la main pour construire un monde meilleur.

31 mars 2020

La thérapie libre peut nous accompagner sur le chemin de la vie par la libération de nos blessures. En ce mois de mars 2020, ces blessures peuvent être considérablement exacerbées par le contexte. Et dans le confinement, les tristesses, les colères et les peurs peuvent se majorer et nous inciter à sombrer ou violenter. Alors il faudra des lieux thérapeutiques pour accompagner, soutenir et aider à nous relever.

L’analyse thérapeutique est d’évaluer comment l’on se sent dans nos relations aux autres, comment l’on vit chacun des rôles que l’on endosse dans notre vie et surtout de quoi on souffre. Et inévitablement le symptôme vient interroger ce qui est en souffrance dans nos relation aux autres. Certains patients expriment d’emblée un conflit relationnel quand il me consulte mais c’est pas forcément le cas. Notamment quand je rencontre pour la première fois mes patientes atteintes de cancer, c’est une plainte somatique qui est mise alors au premier plan. Le travail est bien sûr de les interroger sur ce qui se passe dans leur vie et dans leur actualité et là inévitablement on en arrive à cibler le conflit inter-personnel. Ça peut être aussi en lien à une personne qui nous est chère et qui est malade ou décédée qui crée un conflit interne. Outre le fait de libérer les blessures, manque d’amour, rejet, abandon, trahison ou humiliation, il est important d’analyser comment la personne fait face au conflit et comment se positionne-t-elle dans le conflit. Le but est de leur apprendre à repérer leur besoin et comment faire face à ce besoin, s’affirmer dans le meilleur des cas en formulant la demande adéquate. Quand c’est un besoin qui ne peut être satisfait dans les cas où la personne est décédée par exemple, alors le travail d’acceptation se fera au fil du temps en apaisant les émotions, la tristesse et le manque....

L’apprentissage que propose la thérapie libre est de travailler à mettre en balance les besoins des uns et les besoins des autres. Car c’est toute la complexité de toute relation d’arriver à équilibrer nos besoins et ceux des autres, trouver l’alchimie pour une relation de qualité et de confiance. Dans le meilleur des cas, si on se parle dans l’énergie de l’amour et qu’aucune blessure ne vient polluer notre communication alors on est dans une parole vraie, c’est le sain graal. Mais bien sûr c’est malheureusement rarement cela qui est.

Alors tout l’enjeu et l’ambition de la thérapie libre est en ce point où l’on doit faire travailler nos patients à libérer les conflits intérieurs autant que faire ce peut pour aller vers une parole plus juste et plus vraie. Une parole qui ne soit plus ni dans la colère, ni dans le jugement mais plutôt dans l’acceptation et la bienveillance envers l’autre, voire même quand cela est nécessaire accéder au pardon, le plus haut sommet de la libération je pense. Généralement on peut accéder à nos conflits intérieurs en étant à l’affût de ce qui nous dérange chez l’autre car souvent nos jugements sur les comportements des autres ont des liens étroits à nos propres incohérences. En tout cas dans les situations de maltraitances, au moins avoir pu accompagner nos patients pour qu’ils soient en paix avec ceux qui les auraient humilié, trahi, trompé, violanté.... voire même les accompagner à se pardonner à eux mêmes car lorsqu’on a subi la méchanceté, il n’est pas rare qu’on ait été méchant en retour et beaucoup de patients ont cette conscience. Ils peuvent même s’en maltraiter eux mêmes. Je pense en particulier à une dame que j’ai suivi pour un cancer du sein et qui avait tout au fond d’elle une merveilleuse lumière et beaucoup d’amour, et cela ressortait clairement dans les séances, seulement elle avait aussi une histoire particulièrement douloureuse et triste. Elle se vivait comme le vilain petit canard, voir même comme un déchet. Elle était toujours en lutte contre la part sombre qui dirigeait sa vie, l’alcoolisme, la peur des autres, la peur d’elle même aussi, le secret qui tel un fantôme avait ravagé sa vie, enfant d’une aventure extra-conjugale, elle l’avait toujours su au fond d’elle. De cela elle n’a jamais pu en parler avec sa mère. C’est son père qui lui a confirmé ses intuitions avant de mourir parce qu’elle le lui a demandé. Ce père qui n’était donc pas son père biologique mais qui l’avait aimé comme son enfant. Cette femme me touchait profondément à chaque séance tellement la beauté de son âme se révéler à chaque libération que je lui proposais. C’est cela qui m’anime et me passionne quand je suis avec mes patients, gratter le verni jusqu’à trouver l’authentique moi intérieur, la grâce de l’âme, là où chacun rayonne l’amour.

Je n’accède pas toujours à cela car parfois les pollutions sont trop lourdes. Les rancœurs sont parfois telles que le patient bloque le processus thérapeutique. Il ne veut pas ou ne peut pas se mettre en paix avec les aïeuls... et pourtant reconnaître nos aïeuls dans leur propre souffrance et se reconnaître dans leur histoire est le chemin le plus efficace pour être en paix et avancer plus librement ... le pardon étant le chemin le plus libérateur j’insiste. Pour se mettre en paix rien de plus efficace que de se mettre face à face avec son aïeul dans un RÉA guidé et d’utiliser tous les moyens possibles pour transformer cette image. Se connecter d’abord à la mémoire de cette personne et ce que l’on porte d’elle, comment on l’a vu ou on l’imagine, puis avec amour transformer cette image pour créer une image idéale, bienveillante et heureuse. Tous les moyens seront bons pour que comme par magie notre ancêtre se transforme dans notre mémoire car c’est cette image transformée qui peut nous guider à nous transformer nous même vers la bienveillance et le bonheur. Pouvoir le réhabiliter c’est pouvoir accéder à sa part la plus noble, car nous avons tous un endroit de nous où vibre l’amour, la part sombre ayant parfois envahie la personne bien malgré elle. Pouvoir reconnaître cela est profondément salvateur.

Ce travail je l’ai éprouvé moi même avec des proches qui ont pollué ma vie et aujourd’hui je peux dire que je leur suis reconnaissante et je ressens même une profonde affection pour ces personnes qui m’ont appris beaucoup finalement par leurs exigences et complaintes... au final ils ont aussi participé à faire celle que je suis aujourd’hui.

Bien sur nous sommes porteur de mémoires de pervers, méchants ou même criminels mais si nous refusons de nous sentir concernés par leur agressivité nous risquons de passer à côté de notre propre agressivité. D’ailleurs mes patients les plus difficiles à apaiser sont ceux qui refusent d’identifier leur souffrance à la souffrance de leur ancêtre, qui freine à reconnaître que leur souffrance est semblable à celle de leur aïeul et leur symptôme aussi. J’ai des patients qui souffrent de solitude et qui sont incapables pourtant de créer des liens de qualités car justement ils portent des blessures d’amour et de rejet telles qu’ils sont aussi dans le rejet des autres comme l’étaient leurs parents et/ou grands parents. Pas après pas je leur propose d’abord de reconnaître ce fait qu’ils sont également dans la fuite par peur de l’autre ou colère et du coup aussi dans l’agressivité voir même la méchanceté... c’est en apprenant à aimer nos ancêtres tels qu’ils ont été que l’on apprend à s’aimer soi même. Et quelque soient les malveillances, maltraitances ou crimes qu’ils ont commis on peut toujours comprendre pourquoi ils en sont arrivés là quand on étudie le contexte dans lequel ils ont vécu ou l’histoire dans laquelle ils ont été pris malgré eux…

Et oui qu’est ce que nous aurions fait si nous étions nés à Leidenstadt???... alors peut être notre rôle aujourd’hui est de travailler à guérir de tout cela par des moyens thérapeutiques modernes tels que la thérapie libre. Ces outils que nous avons aujourd’hui et qui n’existaient pas hier sont pour moi le signe que nous avons le pouvoir de nous libérer de nos mémoires traumatiques et même les pires, celles qui nous poussent à l’agressivité et la violence ... mais toujours la contradiction existe en nous entre ce qui nous pousse à faire le bien et tout ce qui nous en empêche. Alors moi j’ai décidé d’aller chercher tout ce qui nous empêche de faire le bien, nos peurs, nos colères, nos révoltes, nos rancœurs, nos rancunes, et tout ce qui fait que cette contradiction peut parfois nous mettre à la limite de la folie ou nous y pousser peut être dans les pires des cas....j’ai envie de croire que nous sommes la génération qui avons le pouvoir de la guérison ...

Dans ce contexte de crise actuel, de nombreux débats nous arrivent de toutes parts, de nombreuses révoltent s’expriment, les accusés sont déjà sur le poteau d’exécution… je comprends les révoltés car ceux-là nous disent stop et nous devons arrêter les massacres bien sûr….et pourtant notre monde dans lequel nous vivons, ne l’avons nous pas tous créer ensemble? Les procès ne serviront à rien aujourd’hui car la faute à qui vraiment? Oui on manque de masque et il faudra faire avec, oui la planète respire en ce moment, mais n’avons nous pas tous participé à son asphyxie avec nos voitures et nos voyages à l’autre bout du monde, oui le pouvoir et les empires existent mais n’avons nous pas tous participé à cette surconsommation qui a profité de manière indécente à quelques uns… mais aujourd’hui au final avec ce tout petit virus, pas un seul homme sur terre n’a pas vu sa vie chamboulée. Quelques soient notre fonction nous devons nous adapter, improviser et dominer nos peurs, faire avec nos limites, nos angoisses et la complexité du monde dans lequel nous vivons. Mon combat à l’endroit où je suis et avec ce que je sais faire à mon niveau est de ramener chacun à sa conscience car quelque soit notre place dans le monde, nous avons une histoire, un passé, un présent et aussi un avenir, et chacun dans nos histoires, il y a la chose la plus importante sur terre, il y a l’amour, alors sortons des révoltes car les révoltes ne créent que du conflit et apprenons chacun à aimer…..pour moi les jugements et les haines sont les poisons de la planète et nous devons trouver les moyens de nous en délivrer ....

1 avril 2020

Faire le bien est une quête universelle et c’est pour moi inhérent à notre posture envers les autres et la manière dont on parle aux autres. Se respecter et respecter les autres pourra ainsi s’étendre à respecter la nature, l’environnement et l’humanité en général. Les enjeux politico-écologiques étant bien sûr complexes et capitales de nos jours ....

Cette crise mondiale en 2020, nous fait bien sentir que de nombreux enjeux sont en marche pour amorcer les changements. Et beaucoup de philosophes nous ont influencés ces dernières décennies en ce sens. Alors pour aller plus loin dans cette quête de trouver la parole juste et bienveillante je m’inspirerai des 4 accords toltèques écrit par Miguel Ángel Ruiz au siècle dernier. Inspiré par la culture toltèque voici les 4 préceptes qu’il propose

« Que votre parole soit impeccable »

« Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle »

« Ne faites pas de suppositions »

« Faites toujours de votre mieux ».

Ce rappel me semble fondamental aujourd’hui pour qu’on élève nos mentalités vers la paix et l’amour.

Une parole impeccable c’est de ne pas juger ou critiquer ou faire du mal, ou encore blesser l’autre par nos paroles. Et justement cette parole n’est pas évidente à prononcer quand on porte nous même des blessures. Ce n’est pas comme cela que nous avons été éduqué bien souvent. Alors on ne sait pas faire et en retour on reçoit aussi des paroles qui nous blessent. On est souvent dans l’équivoque, le malentendu et l’incompréhension. Certaines paroles nous touchent et nous font souffrir parfois plus qu’un mauvais coup. On rumine ou on se rebelle et on fait souffrir l’autre en retour. Il n’est pas improbable d’ailleurs qu’au plus on est dans le jugement d’une situation ou d’une personne, au plus cela concerne un endroit de nous qui nous fait peur ou souffrir et que l’on voudrait bannir.

Alors si on se libère soi même de ses blessures on se rend compte finalement que la parole de l’autre est également soumise à des blessures. Ainsi on peut sortir des rivalités, des mensonges, des manipulations et de tout ce qui nous empêche d’être dans une parole vraie. On peut alors s’affirmer ou défendre des idées sans être agressif ou impoli, ou même devoir mentir parfois. L’agressivité et les colères ferment les possibilités de trouver une issue favorable car chacun pense qu’il a raison et l’insatisfaction s’instille de part et d’autre. On peut être avec l’autre dans une parole de confiance et même si on ne se comprend pas, on accepte que nos différences nous éloignent dans certains cas.

Ne pas en faire une affaire personnelle c’est donc de prendre conscience que l’autre n’est pas forcément contre nous mais qu’il est soumis de son côté à ses propres schémas personnels, familiaux et culturels. Il fait comme il peut en fonction de son histoire, ses souffrances, ses apprentissages et là où il en est de son chemin de construction en fonction de ce que la vie lui donne à vivre. De la même manière que l’on fait soi même comme on peut ... parfois nous sommes finalement juste réceptacle de projections, des émotions enfouies qui ne sont pas toujours adressées à la bonne personne mais qui peuvent nous concernés personnellement dans notre propre résonance familiale sur laquelle nous avons le pouvoir de travailler de notre côté.

Ne pas faire de suppositions c’est encore de toujours aller chercher la vérité où elle se trouve. La peur du regard de l’autre nous pousse trop souvent à penser que nous sommes jugés mais finalement c’est souvent le cas quand on n’a pas confiance en soi, ni conscience de notre propre valeur. Au plus nous sommes libres de nos blessures au plus nous nous sentons légitimes et nous n’avons plus à craindre la critique. Ainsi nous n’avons plus besoin d’interpréter un regard ou une parole comme une menace pour nous. La critique peut même être un apprentissage car de cette quête d’une parole juste et vraie on en a jamais vraiment fini puisque notre complexité nous met régulièrement devant le challenge de la communication.

Alors bien sûr faire toujours de son mieux est le chemin idéal pour avancer avec les autres sans les fuir ou les maudire.

Et j’aime beaucoup le cinquième accord beaucoup moins connu mais tout aussi important à mon sens : Soyez sceptique, mais apprenez à écouter.

Miguel Ruiz nous propose de toujours utiliser la force du doute. La vie m’a souvent mise devant des situations bien mystérieuses pour lesquelles je n’ai pas de vérité, seulement celle d’avoir vécu des instants surprenants plein de mystère et de magie. Alors je prends toujours en compte que mon regard sur le monde est particulier, subjectif et indépendant du regard des autres sur le monde. Il y a toujours un côté pile et un côté face et nous n’avons jamais accès aux deux pôles à la fois. Ainsi tenir compte de cela nous permettra de nous mettre en éveil et à l’écoute de la manière dont l’autre perçoit le monde. Mon intuition me dit que les plans de conscience peuvent être bien différents d’une personne à l’autre. Nos perceptions alliées à nos éducations et nos cultures peuvent vraiment nous éloigner les uns des autres alors la curiosité et la bienveillance peuvent être de bons atouts pour accueillir la parole de l’autre dans le respect, l’humilité et l’humanité.

Je base mon travail sur des hypothèses qui en font ma vérité mais en aucun cas mes hypothèses de travail ne sont LA vérité. Il y a tellement d’information aujourd’hui qui nous arrivent et tellement de perceptions différentes du monde que cet accord du doute et du scepticisme me semble bienvenue pour ne pas tomber dans la toute puissance de nos savoirs individuels forcément réduit à notre représentation personnelle du monde. En tout cas si mes hypothèses de travail ont du sens et qu’elles ont des résultats et sont reconnues alors je peux considérer qu’elles sont légitimes. De mon point de vue mes outils de travail et mes repères cliniques qui guident mon exercice de thérapeute sont une proposition de travail dont les patients peuvent se saisir s’ils sentent que cela peut leur servir dans leur vie.... et bien entendu il y a autant de proposition de travail que de thérapeute alors le libre arbitre pour faire son choix est entre les mains du patient pour sentir ce qui lui convient le mieux...

la vérité au fond n’est elle pas juste dans la rencontre, rencontre entre deux personnes qui, à un moment donné, ont un bout de chemin à faire ensemble, chaque rencontre étant certainement là pour nous réveiller et nous révéler dans le meilleur des cas. J’en ai un certain nombre sur mon chemin qui m’ont aidé à passer des étapes, à évoluer et grandir, qui m’ont enseigné et éveillé et qui ont contribué à faire celle que je suis aujourd’hui.

La parole vaste sujet dont on n’en a pas fini de parler! La parole, celle qui nous permet de demander de l’aide, de l’attention, de l’amour... la parole indispensable outil de communication pour échanger, discuter, se parler, se comprendre ... être en lien à l’autre simplement. Alors tout travail thérapeutique va être justement de mettre en mot ce qui nous bloque, nous fait souffrir, nous freine et nous empêche. En sortant nos pensées ruminantes on a plus facilement accès à nos problématiques. Notre inconscient nous soumet parfois à une logique dévastatrice alors faire émerger à la conscience nos souffrances, guidées par une oreille bienveillante et aiguisée, peut vraiment nous donner l’opportunité d’une autre destinée.

Et la thérapie libre est pertinente en ce point qu’elle cible les traumatismes et les blessures pour les libérées énergétiquement et transformer notre schéma mental grâce au Rêve éveillé. En se transformant on permet aussi à une parole plus authentique d’advenir. La quête me semble t il est de pouvoir s’affirmer dans le respect de l’autre et en lui demandant en retour le respect. Dans l’éducation que je propose à mes propres enfants, le respect est mon curseur principal pour réagir à leurs comportements. Je leur demande toujours si dans telle situation ils se sont respectés et ont respecté l’autre.... on essaye, on échoue, on apprend et on recommence ... car je reste convaincue que notre bonheur reste dépendant du cœur que nous mettons dans nos relations...